Apres le boom pétrolier du début des années 80, le Congo engagea de nombreux chantiers,à travers le plan quinquennal dont le bilan reste mitigé. En 1985-1986, suite à la chute des cours du brut, imposant ainsi au Congo un endettement pour la poursuite des chantiers engagés, sous la pression des institutions de Bretton Woods, le Congo adopta un programme d’ajustement structurel (PAS), avec le gel des avancements et des recrutements dans la fonction publique. Certains monopoles d’État furent supprimés. Il obtient ainsi un rééchelonnement des dettes vis-à-vis de ces institutions. Un accord de rééchelonnement de la dette fut également signé avec le Club de Paris. voila en bref ce qui fut en partie à l’origine de la fameuse dette extérieure du Congo.
Comment un pays riche en pétrole, en bois et en divers minerais et ayant moins de 4 millions d’habitants, que l’on aurait appelé « le Koweït d’Afrique » et dont les rêves de certains ont voulues en faire « une petite Suisse », ne profita t-il pas de toutes ces mesures pour en arriver à l’initiative P.P.T.E (Pays Pauvres Tres Endettés) ?
Toujours sous la direction des institutions de Bretton Woods, l’initiative PPTE pour le Congo sera un programme triennal financé par le F.M.I,(Fond Monétaire International), la Banque Mondial, le Club de Paris et l’implication de la B.A.D(Banque Africaine de Développement), impliquant une amélioration du taux d’abandon de la dette » de l’ordre de 90 %, ce qui permettrait au Congo de disposer de ressources qui devraient être affectées à la réduction de la pauvreté et à la croissance. Ce serait une bouffée d’oxygène pour le Congo qui pour l’année 2010 affiche un budget de 2800 milliards 900 millions de F CFA.Si l’iniatiative PPTE aboutissait à une annulation partielle ou totale de la dette extérieure du Congo (4000 milliards F CFA soit 6 milliards d’euros), il sied de reconnaître que l’Etat congolais ne va nullement être en possession d’une plus value où de revenu additionnel, mais simplement d’une disponibilité budgétaire déjà existante seulement réaffectée à la réduction de la pauvreté, en d’autres termes le Congo devra réaffecter de son propre budget annuel, la part assignée au remboursement de la dette. Avec la contrainte de le faire du fait de l’engagement pris devant les bailleurs de fonds. Ces derniers, à travers le F.M.I, la B.M où la B.A.D auront le pouvoir et le droit de surveiller l’exécution de ces engagements, et l’utilisation des ressources, qu’elles soient propres où provenant de la dette.
L’initiative PPTE présente toutefois des avantages théoriques pour le Congo, car elle permettra de disposer de ressources dont la bonne utilisation pourrait contribuer à la réduction de la pauvreté, dans les domaines des infrastructures de base, l’éducation, la santé et l’emploi. Ces réaffectations budgétaires s’opèrent en fonction du contenu du D.S.R.P(Document pour la stratégie de la réduction de la pauvreté), un document rédigé par le gouvernement congolais avec la participation de la société civile et du secteur privé. Le D.R.S.P serait axé sur la poursuite des objectifs d’éradication de la pauvreté définis par le F.M.I et la B.M.
Le Congo consacre chaque année 37% du budget de l’Etat au remboursement d’une dette dont peu de Congolais ont vu la couleur. Vu le budget 2010 du Congo, sur 2800 milliards 900 millions de F CFA, 1036 milliards 333 millions sont alloués au fameux remboursement, et cette bagatelle représente une jolie somme de financement annuel alloué au développement si le Congo accédait à l’initiative PPTE. Mais sans oublier l’existence de certains créanciers parallèles aux institutions de Bretton Woods comme les Gouvernements, les particuliers et aussi la dette intérieure.Cependant, je m’engage à parler d’avantages théoriques sur le papier, car dans la pratique on est toujours loin du compte. En effet, de nombreux pays sont déjà dans le programme P.P.T.E depuis plusieurs années mais restent toujours au point de départ de leur développement, qui est bien sur » le sous-développement ». Et la question qui se pose naturellement est pourquoi ? pourquoi toutes les initiatives et les programmes du F.M.I,et de la B.M pour les pays détenteurs de richesses naturelles, et l’O.M.C(Organisation Mondiale du Commerce) pour ceux qui en sont dépourvus et dont l’économie ne repose que sur la production de matière 1ère destinées à la transformation et issues de l’agriculture, ont toujours été soldés par des échecs cuisants ? Vu que le schéma sur le papier est à priori louable. Trouvons l’erreur en réponse à cette question.
Hormis la gestion très discutable dont subissent ces fonds, le niveau moral des sociétés africaines et la gouvernance des Etats bénéficiaires. La géopolitique qui est l’expression du guide de l’intérêt des superpuissances et puissances, est à regarder de très près, surtout en Afrique sub-saharienne. Le golf de Guinée, l’un des endroits les plus disputés au monde, au même titre que le moyen orient, la mer Caspienne, et les zones pétrolifères du Canada, et l’Amérique du sud. En effet toutes les puissances du monde ont toujours été à la recherche de zones d’intérêts, de terres riches pour leurs entreprises, ce qui impliqua des politiques de conquête sur des territoires amis où hostiles. Dans le but de s’assurer leur part du gâteau de la richesse mondiale, les multinationales par le biais de leurs Etats respectifs, furent du monde une subdivision concessionnaire selon laquelle, certaines parties du monde revenaient à la tutelle de telle où telle puissance. D’où nous verrons qu’aux proche et moyen orient les USA règnent en maitres, les réserves Canadiennes sont une opportunité offerte au plus offrant, l’Amérique du sud longtemps opprimée, commence à se détacher avec l’alliance bolivarienne, la mer Caspienne, territoire russe, la preuve, l’une des manoeuvres économico-politiques ressentes visant à exploiter le pétrole et le gaz de cette région via la Géorgie s’était soldée par une réaction militaire vive et agressive de la Russie. Alors il reste le Golf de Guinée, territoire de la cote ouest de l’Afrique situé entre le Nigeria et l’Angola. Cette zone représente pour commencer la 2ème réserve forestière mondiale après l’Amazonie, 3ème réserve pétrolifère mondiale il y a 20 ans peut être 2ème où 1ère de nos jours, aucune expertise n’y a été ménée, 1ère réserve mondiale en diamant et en uranium, sans occulter l’or, la potasse, le cobalt,le manganèse, le mercure, le fer, le cuivre, le zinc, la bauxite, les ressources halieutiques, la faune, la flore etc…….
Toute l’attention des puissances militaro-politico-industro-financières était orientée vers le moyen et le proche orient ces 30 dernières années, et à présent qu’il semble ne plus avoir de grande réserve pétrolifère dans les émirats, jusqu’à ce que ceux-ci ne deviennent qu’un centre d’intérêts secondaires pour ces mêmes puissances qui ont trouvées mieux dans l’exception irakienne, les réserves canadiennes ne suffisent pas aux appétits de tous et les procédés d’exploitation y sont très complexes à cause du sable qui est mélangé au brut, les réserves de la mer Caspienne qui sont très difficiles d’accès car impliquent des manoeuvres politiques en terre Hostile, vu aussi que la Russie n’est pas prête à se faire doubler dans la région, les richesses nombreuses et diversifiées de l’Amérique du sud, difficiles d’accès où encore très difficiles à négocier du fait de l’existence d’une révolution dite bolivarienne et d’un sentiment anti- impérialiste, mais cela n’empêche point à ces pays dit révolutionnaires d’entretenir une constante socio-économique au dessus de la moyenne des pays en voies de développement. Ainsi le Golf de Guinée représente finalement une des zones les plus riches de ce monde, qui est par la même occasion l’une des plus manipulables et la moins apte à organiser la défense de ses propres intérêts, avec la bénédiction de la France qui y détient la majorité de ses ex-colonies. Les pays de la zone sub-saharienne en général et du Golf de Guinée en particulier sont ceux là même qui ont connus les plus grands nombre de conflits armées, de dictatures, de crimes économiques et une pauvreté extrême, bien qu’étant potentiellement riches, je pense même du fait qu’ils soient riches. Pour preuve; Le Nigeria, 1er producteur africains de pétrole, pays en conflit armée et démocratie nouvelle dont 70% de la population vivent encore en dessous du seuil de pauvreté. L’Angola, pays ayant connu 25 ans de conflit armée et encore dans l’état d’une pseudo- démocratie dont la majorité de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, pays producteur de pétrole, tout en étant l’un des plus grand producteur de diamants au monde. La république démocratique du Congo, démocratie nouvelle, dont 32 ans de dictature et pauvreté évaluée à 75 % de la population, pays en plein conflit armée, et aussi l’un des pays les plus riche de la planète. Le Congo Brazzaville, 4ème pays producteur de pétrole en Afrique, exportateur de diamants, or, bauxite , fer, bois, etc…. pays ayant connu 3 conflits armées en moins de 10 ans sur 20 ans de pseudo- démocratie et 50 ans d’indépendance, pourtant 65% de la population y vivent dans la misère quotidienne avec moins d’1 euro par jour. Le Gabon, 40 ans de pouvoir sans partage, pays relativement stable, à revenu intermédiaire dont 70% de la population croupissent dans la misère, tout en étant pays producteur de pétrole et exportateur de ressources forestières.
Ayant cité ces quelques exemples,remarquons ensemble que dans la majorité, ces pays ont connus le programme P.A.S et rien n’en a résulté, si ce n’est une répétition de l’histoire jusqu’à ce que revienne la Chine dans la partie africaine au début des années 2000. La Chine forte de son économie et de sa politique extérieure, commence à emboiter le pas des superpuissances, 1er détenteur de titres porteurs du trésor américain s’élevant à des millions de milliards de $ , celle-ci met sur pied sa politique d’expansion et parmi les objectifs principaux, il y a « gagner les marchés africains et s’y imposer » et pour cela tous moyens sont bons du moment où l’on rapporte les écus des contrats à la maison et qu’on y consolide notre place. L’Afrique trouve en la Chine un partenaire économique solide et fiable qui convient à ses moyens et à ces exigences, bon nombres de contrats signés, un sommet CHINE-AFRIQUE établi, la coopération suit son cours et la chine au fil du temps commence à s’imposer face aux grands comme un géant, et ayant en moins d’une décennie pris la place de partenaire incontournable en Afrique et dans le monde, commence à susciter des interrogations sur ses intentions qui furent sous-estimées. Après de âpres réflexions, la nécessite où l’envie, mais plus le besoin de tenir tête à la Chine deviennent de plus en plus visibles de la part des puissances occidentales, d’où la campagne médiatique sur le sujet des droits de l’Homme au Tibet avant les jeux olympiques. (on se souvient encore de la gifle que la Chine infligea à l’occident, lorsqu’un ambassadeur chinois somme un chef d’État à ne pas recevoir dans son propre pays le Dalai-Lama).
Aujourd’hui, certains analystes voient en l’initiative P.P.T.E une manoeuvre économico- socio- politique de l’occident dans sa reconquête aux intérêts dans le Golf de Guinée, car y ayant mené une politique d’exploitation, celle-ci engendra du retard sur le géant qui lui pour séduire applique une politique un peu plus souple et reconnaissante du partenaire. Face au prochain maitre du monde, les manoeuvres deviennent de plus en plus étroites et les écarts en matière de géopolitique de desserrent, l’occident ressent la menace chinoise partout et ne sais trop comment contenir l’envolée du dragon qui à grands pas surs et fiers s’avance vers la pôle-position. Un discours me revient à l’esprit en écrivant ces mots, c’est celui de Thomas Sankara sur la dette à Addis-Abeba en juillet 1987, lors d’un sommet de l’O.U.A (Organisation de l’union Africaine), là où il disait que l’Afrique ne pouvait ni ne devait payer la dette car les origines de cette dette étaient douteuses, en superposant les paroles du discours de Sankara quand celui-ci affirmait « que des programmes et des projets nous étaient proposés avec les crédits qui vont avec et que ce qui restait à faire consistait à mettre en oeuvre tout en ayant contractés une dette colossale, et que ces programmes et projets n’aboutissent a rien, sans oublier les crédits contractés par les colons pour la construction des infrastructures de pillages, que nous payons encore, » à celles que nous retrouvons dans les documents alléchants mais aussi sans résultats réels des programmes issus des institutions de Bretton Woods, on se demande de savoir si lui n’avait pas vu juste.
Lorsque l’on pense aussi aux fameux comptes d’opérations, expliqués par le docteur en économie politique Nicolas Agbohou qui s’exprimait sur; comment les institutions de Brettons Woods à travers la France nous maintenaient dans la pauvreté en zone CFA. En effet, Pour que le Francs CFA puisse être employé où utilisé dans la zone CFA, une garantie doit obligatoirement être versée au trésor public français de l’ordre de 50% du montant annuel des exportations de la zone CFA, ce pour garantir les principes de centralisation, de fixité, de convertibilité et de transferabilite, dans un pseudo but de garder le CFA compétitif. Mais en réalité, les comptes d’opérations sont la résultante des mécanismes de maintient dans la pauvreté des pays au potentiel riche condamnés de manière expresse à la misère par le F.M.I, la B.M et les oligarchies financières qui sont créancières des-dits Etats. Lorsque en 2006 la France déclare officiellement un dépôt de 9092 milliards(montant occulté) dans les comptes d’opérations, dont 3710 milliards pour la B.C.E.A.O( Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest), 4382 milliards pour la B.E.A.C(Banque des Etats de l’Afrique Centrale) et 1000 milliards pour la B.C.C (Banque Centrale des Comores) ce qui signifie que la zone CFA en 2006 avait exportée pour une valeur de 18.184 milliards de FCFA et n’en reçût que la moitié, influant ainsi sur la possibilité de réduire la pauvreté pour des millions et de millions d’africains. Admettons que la B.E.A.C ait eut ses 4382 milliards manquant, cela aurait fait 43.820.000 personnes ayant une rémunération de 100.000 FCFA / an par méthode de distribution directe. Tout en sachant qu’en 2002 selon Larousse, la population des pays dépendant de la B.E.A.C s’élevait à 29.600.000 habitants, alors le calcul du revenu/habitant occulté par la France et ses complices de Bretton Woods, est de l’ordre de 148.000 FCFA/ an.
Attardons nous un peu sur ce que le docteur Agbohou n’a pas souligné, en terme d’exportation l’Afrique centrale dégage en 2006 la somme de 8764 milliards de FCFA par rapport à l’Afrique de l’ouest qui dégage 7420 milliards, soit 1344 milliard supplémentaires. La question qui me vient à l’esprit est de savoir pourquoi est-ce-que l’Afrique de l’ouest s’en sort mieux que l’Afrique centrale en matière d’intégration sous régionale et qu’il fait mieux vivre la bas par rapport à l’ Afrique centrale, bien que ses revenus soit naturellement supérieurs à ceux de l’Afrique de l’ouest.
Qu’y réponde celui qui comprendra ………..
par Baudry KOUAKOUA.